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Laçage des chaussures de trail : les techniques qui changent tout

Le talon qui glisse, l'avant-pied comprimé, le coup de pied douloureux : trois problèmes que la plupart des coureurs traitent en changeant de chaussures alors qu'ils viennent du laçage. Les techniques et quand les utiliser.

· 8 min de lecture
Laçage des chaussures de trail : les techniques qui changent tout

Laçage des chaussures de trail : les techniques qui changent tout

C'est probablement le réglage le plus sous-exploité de tout l'équipement du traileur. La plupart des coureurs lacent leurs chaussures de la même façon depuis l'école primaire, croisement après croisement, du bas jusqu'en haut, avec la même tension partout. Puis, quand le talon glisse ou que les orteils souffrent, ils changent de modèle. Or trois problèmes très fréquents se règlent en trente secondes et sans dépenser un euro — à condition de savoir que le laçage n'a aucune obligation d'être uniforme.

Le principe qui manque à tout le monde

Un laçage ne sert pas à « fermer » la chaussure. Il sert à répartir un maintien, et ce maintien n'a pas besoin d'être le même partout.

Le pied a trois zones aux besoins opposés :

  • L'avant-pied, qui gonfle, s'étale à l'appui et a besoin de place ;
  • Le cou-de-pied, zone de passage des tendons, sensible à la pression ;
  • Le cou-de-pied haut et la cheville, qui doivent au contraire verrouiller pour empêcher le pied de partir vers l'avant.

Le laçage uniforme échoue parce qu'il traite ces trois zones à l'identique : soit il est assez serré en haut et il comprime devant, soit il est confortable devant et le talon glisse. La solution est de moduler la tension par zone, ce qui n'est possible qu'en changeant de technique selon la section.

Le talon qui glisse : le laçage en cadenas

C'est le problème le plus courant, et la technique qui le règle est aussi la moins connue. Elle porte plusieurs noms : laçage en cadenas, boucle du coureur, heel lock.

Le geste. La plupart des chaussures de trail ont un dernier œillet décalé, presque jamais utilisé. C'est précisément lui qui sert.

1. Arrivé à l'avant-dernier œillet, fais passer chaque lacet dans le dernier œillet du même côté, de manière à former une boucle verticale de chaque côté.

2. Passe ensuite chaque lacet dans la boucle opposée.

3. Tire vers le haut et fais ton nœud.

Le résultat est un verrouillage net du cou-de-pied qui plaque le talon au fond de la chaussure, sans avoir à serrer tout le reste du laçage. C'est exactement ce que recommande le tableau de correction de prévenir les ampoules pour les ampoules au talon.

Quand l'utiliser : dès qu'il y a de la descente, systématiquement en course longue, et à la moindre sensation de glissement. C'est aussi la première correction à tenter contre les ongles noirs, dont le mécanisme — le pied qui vient buter contre l'avant — est décrit dans ongles noirs du traileur.

L'avant-pied comprimé : desserrer par le bas

Si tes orteils s'engourdissent ou que l'avant-pied brûle après une heure, la réponse n'est pas de monter d'une pointure — c'est le raisonnement complet de bien choisir sa pointure.

Deux options, selon l'intensité du problème :

  • Desserrer franchement la partie basse du laçage et reporter tout le maintien vers le haut, en terminant par un cadenas. Le pied est tenu par le cou-de-pied et libre devant.
  • Sauter une paire d'œillets au niveau de la zone la plus large, en faisant passer le lacet directement à l'œillet suivant. Ça crée une zone sans serrage.
La limite à connaître. Si la compression persiste après ces ajustements, le problème n'est plus le laçage mais la largeur du modèle, et aucune technique ne le corrigera. C'est aussi l'une des premières corrections à tenter en cas de douleur d'avant-pied.

La douleur sur le dessus du pied : le laçage en fenêtre

Une gêne localisée sur le cou-de-pied — souvent un tendon irrité, parfois une simple pression de l'œillet — se règle par ce qu'on appelle un laçage en fenêtre.

Le geste. Arrivé à hauteur du point douloureux, ne croise pas : fais monter chaque lacet verticalement, vers l'œillet suivant du même côté. Tu reprends le croisement normal au-dessus. Tu obtiens une zone sans pression, littéralement une fenêtre, exactement là où ça fait mal.

C'est la technique la plus spécifique des trois, et la plus spectaculaire quand le point douloureux est bien identifié.

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Le nœud qui tient

Si tes lacets se défont sans arrêt, ce n'est probablement pas la faute des lacets.

Le nœud de chaussure classique est un nœud plat — à condition de croiser dans un sens puis dans l'autre. Si tu fais deux fois le même sens, tu obtiens un nœud de vache : il se met en travers de la chaussure au lieu de rester à l'horizontale, et il se relâche tout seul.

Le test. Regarde ton nœud une fois serré. S'il est perpendiculaire à la chaussure, il est mal fait ; s'il est parallèle, il est bon. Pour corriger, inverse simplement le sens de la seconde boucle.

Deux compléments utiles :

  • Le double nœud reste la solution de secours, au prix d'un retrait pénible les doigts froids — un vrai sujet quand les mains ne répondent plus.
  • Ranger les boucles sous le laçage ou dans la poche prévue évite qu'une branche ne les accroche. Sur sentier technique, ce n'est pas théorique.

Ce que le laçage ne réglera jamais

Autant le dire clairement, pour éviter de perdre du temps :

  • Une chaussure trop courte. Aucun laçage ne crée de la longueur. Si les ongles butent, c'est la taille — voir choisir sa pointure.
  • Une semelle morte. Un amorti tassé ne se rattrape pas au serrage : quand changer ses chaussures.
  • Une chaussure trop étroite pour ton pied, comme dit plus haut.
  • Des chaussettes inadaptées, qui plissent ou retiennent l'humidité — première cause de frottement, cf. prévenir les frottements.

Relacer en course : le geste à trente secondes

Dernier point, et c'est celui qui rapporte le plus sur les formats longs. Le pied gonfle, parfois de plusieurs demi-pointures après plusieurs heures. Un laçage parfait au départ devient un garrot au trentième kilomètre — et un garrot, sur un pied froid, c'est aussi ce qui refroidit les orteils.

Prends l'habitude de desserrer, remettre à plat et refaire à un ravitaillement, en profitant d'un arrêt déjà prévu. Trente secondes bien placées qui évitent souvent une ampoule ou un ongle perdu, dans la logique des gestes efficaces décrits dans gérer les ravitaillements.

Et avant une longue descente, un réflexe simple : resserrer le haut, jamais l'avant.

En résumé

Le laçage n'a aucune obligation d'être uniforme, et c'est là que tout se joue. Trois techniques couvrent l'essentiel : le cadenas avec le dernier œillet pour verrouiller le talon en descente, le desserrage par le bas ou l'œillet sauté pour libérer un avant-pied comprimé, le laçage en fenêtre pour contourner un point douloureux sur le cou-de-pied. Vérifie aussi que ton nœud est parallèle à la chaussure et non perpendiculaire : c'est la seule raison pour laquelle il se défait. Enfin, relace à un ravitaillement sur les formats longs, parce que le pied gonfle. Ce que le laçage ne corrigera jamais, c'est une mauvaise pointure ou un modèle trop étroit. Pour tester tout ça avant le jour J, construis ton plan trail personnalisé.

Questions fréquentes

Comment empêcher son talon de glisser ?

Par le laçage en cadenas, aussi appelé nœud du coureur. Tu utilises le dernier œillet, souvent inutilisé, pour former une boucle de chaque côté, puis tu passes le lacet opposé dans cette boucle avant de serrer. Cela verrouille le cou-de-pied et plaque le talon au fond de la chaussure sans avoir à serrer tout le laçage. C'est la technique la plus rentable des trois, et celle que presque personne n'utilise.

Que faire quand l'avant-pied est comprimé ?

Desserre uniquement la partie basse du laçage et reporte le maintien vers le haut, ou saute une paire d'œillets au niveau de la zone large. Le laçage n'a pas besoin d'être uniforme : c'est même tout son intérêt. Attention toutefois, si la compression persiste, le problème vient de la largeur du modèle et aucun laçage ne le corrigera.

Comment soulager une douleur sur le dessus du pied ?

Avec un laçage en fenêtre : à hauteur du point douloureux, tu fais passer chaque lacet verticalement vers l'œillet suivant du même côté au lieu de croiser, ce qui crée une zone sans pression. Tu reprends le croisement au-dessus. C'est la réponse la plus efficace à une gêne localisée sur le cou-de-pied ou à un tendon irrité.

Pourquoi mes lacets se défont-ils toujours ?

Le plus souvent parce que le nœud est fait de travers : si tu fais deux fois le même sens, tu obtiens un nœud instable qui se met en travers et se relâche. En inversant le sens de la seconde boucle, tu obtiens un nœud plat qui reste à l'horizontale et tient nettement mieux. Un double nœud reste la solution de secours, au prix d'un retrait plus pénible.

Faut-il serrer plus fort en descente ?

Oui, mais au bon endroit : le verrouillage du cou-de-pied, pas l'avant-pied. Le pied glisse vers l'avant en descente et vient buter contre le bout, ce qui produit les ongles noirs. C'est le haut du laçage qui retient le pied ; serrer l'avant ne fait que comprimer les orteils au moment où ils gonflent.

Faut-il relacer pendant une course longue ?

Oui, et c'est une bonne habitude à prendre. Le pied gonfle au fil des heures, parfois de plusieurs demi-pointures, et un laçage confortable au départ devient un garrot au trentième kilomètre. Profite d'un ravitaillement pour desserrer, remettre à plat et refaire. Trente secondes qui évitent souvent une ampoule ou un ongle perdu.