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Roadbook trail : comment le créer et l'utiliser le jour J

Le roadbook trail est ta feuille de route physique le jour J : segments, temps de passage, ravitaillements et consignes perso. Quoi y mettre, comment le formater pour qu'il reste lisible en course, où le porter et comment l'utiliser sans devenir esclave du chrono.

· 6 min de lecture
Roadbook trail : comment le créer et l'utiliser le jour J

Roadbook trail : comment le créer et l'utiliser le jour J

Un roadbook trail, c'est ta feuille de route physique le jour de la course : chaque segment, l'heure à laquelle tu prévois d'y passer, les ravitaillements, et tes consignes personnelles (manger ici, remplir la flasque là, rester patient sur cette montée). Contrairement au tableau de marche — qui est le calcul des temps — ou à la feuille de route stratégique — qui est la méthode globale —, le roadbook est l'objet concret que tu consultes en courant, les yeux fatigués, en deux secondes. Ce guide t'explique quoi y mettre, comment le formater pour qu'il reste lisible, où le porter, et surtout comment l'utiliser sans devenir esclave du chrono.

Roadbook, tableau de marche, feuille de route : quelle différence ?

Les trois termes se recoupent et on les confond souvent. Voici la distinction qui compte :

  • La feuille de route stratégique : c'est la réflexion en amont — comment tu découpes ta course, où tu prévois de pousser, où tu temporises, ta stratégie nutrition globale. C'est le plan. (Voir Stratégie de course trail : construire ta feuille de route.)
  • Le tableau de marche : c'est le calcul — segment par segment, l'allure ajustée au dénivelé et les temps de passage cumulés. C'est de la donnée chiffrée. (Voir Temps de passage en trail : calculer ses allures.)
  • Le roadbook : c'est le support physique que tu emportes. Il condense le tableau de marche et tes consignes en un format ultra-lisible, plastifié ou affiché sur ta montre, que tu consultes pendant la course.

Autrement dit : tu réfléchis ta stratégie, tu calcules ton tableau de marche, puis tu imprimes le tout dans un roadbook. C'est la dernière étape, celle qui transforme un plan en outil de terrain.

Ce qu'un roadbook trail doit contenir

Un bon roadbook tient sur une seule face, lisible d'un coup d'œil. Pour chaque segment (généralement de ravitaillement à ravitaillement), tu notes :

  • Le point de repère : nom du ravito, du col ou du lieu-dit.
  • Le kilométrage cumulé et le dénivelé positif du segment.
  • L'heure de passage prévue (ou une fourchette, voir plus bas).
  • La barrière horaire s'il y en a une — en rouge, c'est vital.
  • La consigne nutrition/hydratation : « 1 gel + remplir flasques », « soupe salée », « 60 g glucides/h ».
  • Une note terrain ou mentale : « grosse descente technique, petits pas », « ça monte longtemps, sois patient », « dernière difficulté, lâche-toi ».

Tout le reste est du bruit. Un roadbook surchargé devient illisible quand tu es à 80 % de FC max avec les jambes qui brûlent.

Comment construire ton roadbook étape par étape

1. Découpe ton GPX en segments. Importe la trace dans ton outil (montre, app, ou la fonctionnalité de stratégie de course Borner) et identifie les points logiques : ravitaillements, sommets de cols, changements de terrain. 2. Estime tes temps de passage. Pour chaque segment, applique une allure ajustée au dénivelé. C'est le cœur du tableau de marche : la méthode complète et l'exemple chiffré sont détaillés dans Temps de passage en trail. Cumule les temps pour obtenir une heure de passage à chaque point. 3. Ajoute ravitaillements et nutrition. Reporte ce que tu prévois de manger et boire à chaque point. Le détail des apports par tranche est dans Ravitaillement en trail : comment bien le gérer. 4. Écris tes consignes personnelles. Une note par segment, courte et impérative. Ce sont elles qui te sauvent quand la tête décroche. 5. Intègre des marges. Ne note jamais un temps unique : prévois une fourchette (par exemple « 2h10–2h25 ») pour absorber les imprévus sans paniquer.

Le formater pour qu'il reste lisible en course

Le meilleur roadbook du monde ne sert à rien s'il est illisible à la bougie ou sous la pluie. Quelques règles :

  • Une ligne par segment, en colonnes alignées (km / D+ / heure / conso / note).
  • Gros caractères : tu le liras en mouvement, parfois de nuit à la frontale.
  • Code couleur : rouge pour les barrières horaires, une teinte pour les ravitos majeurs.
  • Plastifie-le ou glisse-le dans une pochette étanche. La sueur et la pluie détruisent le papier en une heure.
  • Format compact : carte de la taille d'un porte-dossard ou d'une paume, pas une feuille A4 qui se froisse.

Où et comment le porter

Quatre options, à choisir selon la distance et tes habitudes :

  • Porte-dossard / bracelet : le roadbook plastifié glissé sous l'élastique du dossard ou en bracelet. Idéal sur format court à moyen.
  • Étui de téléphone : une photo du roadbook en fond d'écran, accessible sans déverrouiller.
  • Montre GPS : la plupart des montres permettent de charger la trace et d'afficher les points de passage. Tu peux y entrer des alertes de segment, mais l'écran reste petit pour les consignes détaillées.
  • Combinaison : roadbook papier pour les consignes + montre pour le suivi GPS en temps réel. C'est ce que font la plupart des ultra-traileurs.

Utiliser ton roadbook le jour J sans devenir esclave du chrono

Le piège, c'est de transformer ton roadbook en juge permanent. Voici comment t'en servir intelligemment :

  • Consulte-le aux ravitaillements, pas en permanence. Entre deux points, cours à la sensation et à la fréquence cardiaque. (Voir Gérer son allure en trail.)
  • Raisonne en fourchette, pas en temps fixe. Si tu es dans ta fourchette haute, tout va bien. Inutile d'accélérer pour « rattraper ».
  • Surveille les barrières horaires, surtout sur ultra. C'est le seul chiffre vraiment non négociable. (Voir Barrières horaires en trail.)
  • Accepte de t'en écarter. Météo, chaleur, jambes du jour : si la réalité diverge, ajuste ta stratégie au lieu de t'accrocher à un plan caduc. Le roadbook est une boussole, pas un contrat.

Les erreurs fréquentes

1. Un roadbook trop détaillé : illisible en course. Garde l'essentiel.

2. Des temps trop optimistes : base-toi sur tes allures réelles à l'entraînement, pas sur tes rêves. La fatigue de fin de course ralentit tout.

3. Oublier les barrières horaires : tu les découvres en panique au ravito. Note-les dès la conception.

4. Ne jamais le tester : un roadbook se rode sur une sortie longue, comme le reste du matériel. Vérifie qu'il est lisible et que tes estimations tiennent.

Construis ton roadbook automatiquement

Calculer un roadbook à la main est long et source d'erreurs. Borner part de la trace GPX de ta course pour générer ta stratégie segment par segment : temps de passage ajustés au dénivelé, plan nutrition par portion et consignes prêtes à imprimer. Tu arrives le jour J avec une feuille de route fiable, calée sur ton niveau réel.

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Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un roadbook en trail ?

Un roadbook trail est la feuille de route physique que tu emportes le jour de la course. Pour chaque segment, il indique le kilométrage, le dénivelé, l'heure de passage prévue, les barrières horaires, ta consigne nutrition et une note terrain ou mentale. C'est le support concret qui condense ta stratégie et ton tableau de marche en un format lisible en course.

Quelle différence entre un roadbook et un tableau de marche ?

Le tableau de marche est le calcul : segment par segment, l'allure ajustée au dénivelé et les temps de passage cumulés. Le roadbook est le support physique qui reprend ces temps et y ajoute tes consignes (nutrition, notes, barrières horaires) dans un format compact, plastifié ou affiché sur ta montre, que tu consultes pendant la course.

Comment créer un roadbook trail ?

En cinq étapes : 1) découpe ta trace GPX en segments (ravitos, cols, changements de terrain) ; 2) estime tes temps de passage avec une allure ajustée au dénivelé ; 3) ajoute tes ravitaillements et ta nutrition ; 4) écris une consigne courte par segment ; 5) prévois des fourchettes de temps plutôt que des temps fixes pour absorber les imprévus.

Où porter son roadbook pendant un trail ?

Plusieurs options : plastifié sous l'élastique du dossard ou en bracelet (idéal sur format court), en photo sur le fond d'écran du téléphone, ou chargé sur la montre GPS pour le suivi de la trace. La plupart des ultra-traileurs combinent un roadbook papier pour les consignes et la montre pour le GPS en temps réel.

Comment utiliser son roadbook sans stresser sur le chrono ?

Consulte-le aux ravitaillements plutôt qu'en permanence, et cours à la sensation et à la fréquence cardiaque entre les points. Raisonne en fourchette de temps, pas en temps fixe. Surveille surtout les barrières horaires. Et accepte de t'en écarter si la météo ou tes jambes du jour l'imposent : le roadbook est une boussole, pas un contrat.

Faut-il tester son roadbook avant la course ?

Oui. Comme le reste du matériel, un roadbook se rode sur une sortie longue : vérifie qu'il est lisible en mouvement (et de nuit si besoin), que le format tient à la sueur et à la pluie, et que tes estimations de temps correspondent à tes allures réelles en fatigue. Des temps trop optimistes sont l'erreur la plus fréquente.